Stellantis Mulhouse ! La première grève climatique ?

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Juin 2026 | JMW — GTMAG.FR | 306 521 visiteurs/jour sur les 4 DOM

STELLANTIS MULHOUSE :

QUAND LA CANICULE ENTRE EN GRÈVE AVEC LES OUVRIERS !!!

40°C dans les ateliers, une bouteille d’eau par jour, et des cadences qui ne baissent pas. À l’usine Stellantis de Mulhouse, la CGT a dit stop. Ce conflit climatique inédit dans l’industrie automobile française pose une question qui nous concerne tous — y compris ici, en Martinique.

On fabrique des voitures pour affronter la chaleur. Mais qui protège ceux qui les fabriquent quand la chaleur devient insupportable ?

La CGT de l’usine Stellantis de Mulhouse a déposé un préavis de grève du mardi 23 juin au dimanche 28 juin 2026, pour dénoncer les conditions de travail des salariés subissant les fortes chaleurs. Ce n’est pas une grève sur les salaires, pas une grève sur les suppressions d’emplois. C’est une grève sur la température. Une première dans l’histoire sociale de l’automobile française!!!

40°C DANS LES ATELIERS — ET ON CONTINUE À PRODUIRE ?

Dans l’usine Stellantis située à Sausheim, à côté de Mulhouse, qui emploie près de 4 500 personnes, les températures dans certains ateliers frôlent les 38 à 40°C. Pour ceux qui ne connaissent pas le travail à la chaîne : on ne reste pas assis dans un bureau avec un ventilateur. On porte des pièces, on soude, on assemble, on répète les mêmes gestes des centaines de fois par heure. À 40°C. Sans air conditionné.

Le délégué syndical Salah Keltoumi résume la situation : les salariés lui avaient dit que les pauses chaleur accordées par la direction n’étaient pas suffisantes, et qu’en fin de journée ils étaient complètement épuisés — d’autant qu’ils n’arrivaient pas à dormir normalement la veille à cause de la chaleur.

Épuisés avant d’arriver. Épuisés en partant. Et des cadences qui, elles, ne baissent pas!!!

LES REVENDICATIONS — SIMPLES, CONCRÈTES, HUMAINES

La CGT réclame un ralentissement des cadences, des pauses plus fréquentes — 10 minutes par heure — ou des investissements dans des équipements protégeant de la chaleur.

Dans un communiqué, le syndicat a appelé à cesser le travail à 11h20 au lieu de 13h06 pour les équipes du matin, et à 18h20 au lieu de 20h32 pour celles de l’après-midi. Pas une revendication révolutionnaire. Juste : arrêter plus tôt quand les ateliers deviennent des fours.

Face à ça, qu’a répondu la direction ? Stellantis a indiqué que ses sites disposent d’espaces climatisés pour les pauses, mais que, comme dans la plupart des industries en France, il n’est pas possible économiquement ou écologiquement de climatiser l’ensemble des ateliers, vu leur taille. Traduction : vous avez le droit d’aller au frais pendant votre pause. Pendant le reste du temps, vous vous débrouillez.

UN SEUL GRÉVISTE — VRAIMENT ?

Mardi matin, la direction triomphait : un seul gréviste recensé sur 1 700 salariés. Mercredi 24 juin, ils étaient une dizaine. Le mouvement monte — lentement, mais sûrement. Et ce chiffre mérite d’être suivi de près!!!

La CGT n’a pas été rejointe par les autres syndicats de l’usine dans cet appel à la grève. Cela n’en fait pas une cause illégitime pour autant. Dans une usine automobile, faire grève seul, c’est aussi prendre un risque individuel énorme — perte de salaire, regard des collègues, regard de la hiérarchie.

Un contentieux sur le versement d’une prime de pénibilité liée à la chaleur opposait d’ailleurs les syndicats à la direction depuis 2023, sans accord définitif à ce jour. La méfiance a des raisons d’être ancienne.

Une réunion de suivi était prévue le jeudi 25 juin entre la direction et les syndicats. On attend de savoir ce qu’elle a produit.

CE QUE ÇA DIT DU MONDE QU’ON FABRIQUE

Voilà l’ironie absolue de la situation. Stellantis Mulhouse produit actuellement la Peugeot 308 et la 408. Le groupe a annoncé début juin un investissement de plus d’un milliard d’euros, dont près de la moitié consacrés au site de Mulhouse, pour produire trois nouveaux modèles Peugeot électriques ou hybrides à partir de 2029. Des voitures électriques, pour un monde décarboné, fabriquées par des ouvriers qui cuisent dans des ateliers à 40°C parce qu’il n’y a pas de budget pour les climatiser. On aura tout vu!!!

Ce conflit est un symptôme. Le réchauffement climatique ne frappe pas seulement les automobilistes dans leurs voitures surchauffées sur le bitume. Il frappe ceux qui fabriquent ces voitures, dans des usines construites pour un climat tempéré qui n’existe plus.

ET NOUS, EN MARTINIQUE ?

Ici, on connaît la chaleur. On la vit toute l’année. Nos ateliers mécaniques, nos garages, nos stations-service — personne ne vient compter les degrés dans les fosses de révision au mois d’août entre Le Lamentin et Le Robert. Nos techniciens automobiles travaillent dans des conditions que les syndicats alsaciens découvrent aujourd’hui avec effroi.

Ce débat qui s’ouvre en métropole — droit à des pauses fraîcheur, adaptation des cadences à la chaleur, investissements dans la protection thermique des travailleurs — ce débat, ici en Martinique, on aurait dû l’avoir depuis longtemps.

GTMAG.fr pose la question : dans les concessions et garages de nos 4 DOM, quelles sont les conditions réelles de travail quand le thermomètre dépasse 35°C ? Qui s’en préoccupe ? Qui mesure ?

? ON ATTEND VOS TÉMOIGNAGES. Vous travaillez dans un garage ou une concession en Martinique, Guadeloupe, Guyane ou La Réunion ? Dites-nous comment vous vivez les pics de chaleur au travail. Contact : jmwollscheid@gmail.com

On continuera à suivre ce dossier Stellantis Mulhouse — parce que ce qui se passe là-bas annonce ce qui va se passer partout!!!

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